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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 23:38
Un énième jeune Algérien vient d'être assassiné en Afrique du Sud. On n'en entend pas parler mais la mort de nos ressortissants dans ce pays commence à devenir un peu trop fréquente pour être classée dans la rubrique des faits divers et expliquée par la fatalité du destin. Quand un petit village de Kabylie en arrive à compter son troisième mort en moins de deux ans dans un pays où on n'a aucune raison de soupçonner quelque hostilité particulière, il faudrait peut-être poser d'autres questions. D'abord celle-ci : qu'est-ce qui peut bien attirer dans ce pays en convalescence politique qui se remet doucement de l'un des plus horribles cauchemars de l'humanité ? Bien sûr l'Afrique du Sud a le mérite d'en finir avec l'apartheid et de tourner une page sombre de son histoire. Bien sûr qu'elle a une assise économique et un savoir-faire technologique qui la place logiquement à la première place du développement en Afrique. Pour autant, elle n'est pas vraiment un exemple de prospérité qui puisse faire rêver des jeunes Algériens en mal de perspective. On y va donc pour d'autres raisons, dont la plus évidente est la relative facilité d'entrée dans ce pays. Selon l'un de ces jeunes installé là-bas depuis une dizaine d'années, il y a trois façons de se rendre en Afrique du Sud : la première, bien évidemment, consiste à demander normalement un visa. C'est hypothétique mais ça peut marcher. La deuxième est d'«acheter» un visa. «Jamais trafic n'a été aussi facile et efficace», il suffit d'y mettre le prix. A partir de trois cent mille dinars. La troisième enfin est un long et périlleux périple dont le point de départ est la capitale égyptienne Le Caire. Une fois en Afrique du Sud les papiers de résidence sont faciles à obtenir à partir du moment où l’on a trouvé du travail. Ce serait le réseau de passeurs égyptien qui est derrière le malheur et parfois le drame de nombre de jeunes Algériens parce que son activité ne s'arrête pas à l'acheminement. C'est un véritable gang qui prend en otage ses «clients», les exploite dans leurs commerces ou les place ailleurs en les rackettant. Tous les jeunes Algériens morts en Afrique du Sud, et ils commencent à devenir décidément trop nombreux, seraient assassinés parce qu'ils se sont révoltés et ont tenté de reprendre leur liberté. Et à chaque drame, la petite communauté algérienne de Johannesburg, de Cap Town ou de Pretoria, saisit les autorités du pays, souvent dans un langage sibyllin qui cache une profonde inquiétude. Déjà que l'Afrique du Sud ne fait pas vraiment rêver, alors y aller pour se faire racketter ou mourir… laouarisliman@gmail.com.
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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 08:09
Onze ans déjà jour pour jour sont passés depuis l’assassinat du chantre de l’amazighité, Matoub Lounès, par un groupe islamiste armé un certain 25 juin 1998, à Thala Bounane, sur une route sinueuse qui mène vers son village Taourirt Moussa, dans la commune de Béni Douala.

Chaque année, la fondation qui porte son nom ainsi que sa famille célèbrent cette date fatidique qui reste à jamais gravée dans la mémoire collective de tous les Algériens épris de justice et de droit.  En parallèle, un combat  sans relâche pour l’aboutissement de l’enquête sur son assassinat est mené par sa famille.

En effet, cette année, les festivités de la célébration de cette date seront organisées à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, en collaboration avec d’autres associations culturelles qui activent sur le terrain. Un programme aussi riche que varié a été élaboré pour l’occasion du 22 au 26 de ce mois.

La première journée après l’ouverture officielle des festivités, il est question de rencontres et de communications pour la matinée. Dans  l’après-midi, des chants de Matoub Lounès seront interprétés par la formidable chorale Thafsut, suivis de tables rondes autour de la vie de Lounès et son combat entamé depuis 1978, année d’enregistrement de son premier album en France avec l’aide du chanteur Idir.


Pour le reste de la semaine, des expositions permanentes de coupures de presse et de photos, des tableaux de peinture, en plus de projections vidéo inédites et de documentaires, ainsi que des spectacles théâtraux exceptionnels sur le combat identitaire de Matoub seront présentés par la troupe Agbalou. Des conférences-débat seront aussi animées par ses amis.

La journée du jeudi 25juin, un rassemblement et un recueillement seront organisés au village Taourirt Moussa, sur la tombe de Matoub ; le soir, des bougies seront allumées à la mémoire du rebelle, dans le village. Le vendredi, ultime journée des festivités, le quatrième  prix de la résistance Matoub Lounès sera décerné pour une association culturelle qui active dans le domaine de la lutte pour le combat identitaire et la reconnaissance officielle de tamazight. Toutefois, nous avons appris que la mère et la sœur de Matoub n’assisteront pas cette année aux  festivités. Elles seront présentes par contre à Paris, où plusieurs activités culturelles seront organisées par le mouvement associatif berbère en France.

Onze ans depuis la disparition de Matoub, sa voix et ses chansons restent toujours d’actualité. Il est devenu l’icône de la chanson kabyle. Un repère pour les jeunes désireux de s’engager dans la chanson d’expression kabyle. Son combat noble, mené au prix de sa vie, avec courage et détermination, lui a valu incontestablement le nom du chanteur le plus populaire en Algérie et même à l’étranger, malgré sa disparition. Des dizaines de livres et  documentaires ont été consacrés à cet inlassable défenseur des droits de l’Homme. Par ailleurs, sa famille réclame toujours l’entière vérité sur son assassinat.

source: Le Temps

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 07:36

L’enseignement de la langue amazighe a été officiellement lancé dans notre pays en 1995. A cette époque, l’ouverture des classes pilotes relatives à cet enseignement s’est faite, conjointement avec le MEN (ministère de l’Education nationale) et le HCA (Haut commissariat à l’amazighité) au niveau de 16 wilayas.

 

Cette institution, la première dans l’histoire de l’Afrique du Nord, a été créée par décret présidentiel le 25 mai 1995. C’est suite à l’action du boycott scolaire initié par le MCB (Mouvement culturel berbère) durant l’année scolaire 94/95, que des négociations ont eu lieu entre des représentants de la présidence de la République et ceux des différents mouvements culturels. Le MCB, le MCA (Mouvement culturel amazigh des Aurès), le Mouvement M’zab, le Mouvement touareg avaient répondu favorablement à l’appel des plus hautes autorités du pays en vue de mettre fin à huit mois de boycott de l’école en Kabylie dans l’objectif d’intégrer la langue amazighe dans les systèmes d’enseignement et de la communication ainsi que dans l’environnement. Rappelons qu’à l’époque, plusieurs tentatives de briser l’action du boycott ont été menées aussi bien par les autorités et les notabilités de la région que par certaines associations. Mais c’était compter sans la mobilisation de la population de la région et son adhésion massive aux mots d’ordre du MCB.

Le HCA naît en 1995

Le fruit des négociations présidence-mouvements berbères, qui ont duré plus d’un mois, a été la signature entre les deux parties des accords historiques du 22 avril 1995. Ces derniers portaient sur l’introduction de tamazight « dans les systèmes éducatifs, les moyens de communication et dans l’environnement ». Pour le volet pédagogique, les accords prévoyaient des séances de rattrapage pour les « enfants du boycott » qui avaient, malheureusement, perdu presque une année de scolarité. Un troisième volet, ayant trait aux sanctions qui avaient frappé certains enseignants prévoyait de les lever. A la fin de l’année 1995, tout est pratiquement rentré dans l’ordre, et la majeure partie des établissements scolaires, notamment en Kabylie, avaient repris l’ambiance des classes en dépit de la persistance de certaines tendances du MCB à vouloir poursuivre la contestation. Une autre revendication, inhérente cette fois-ci à la constitutionnalisation de tamazight se voit greffer à celle de son institutionnalisation…

Le chef de l’Etat de l’époque, Liamine Zeroual, qui a signé le décret portant création du HCA, installa la composante de cette institution le 7 juin 1995 au siège de la présidence de la République à laquelle elle a été rattachée. Dès leur installation, les membres mandatés par les différents mouvements, élisent parmi eux Mohand Ouidir Aït Amrane comme président de l’institution. Celui-ci étant l’un des vétérans parmi les militants de la cause amazighe dont les balbutiements, après ceux de 1926 au sein de l’ENA (Etoile nord-africaine), se sont fait sentir durant les années 1940, avec le groupe du lycée de Ben Aknoun.

Réhabiliter Tamazight

Au sein du CPSC (Comité pédagogique scientifique et culturel) présidé par Mohamed Salah Nedjaï, docteur d’Etat de l’université de Batna, figurent des écrivains, des linguistes, des enseignants universitaires. Ses missions sont d’arrêter et de mettre à exécution les actions de réhabilitation de l’amazighité dans tous les domaines de la vie publique. La deuxième structure formant le HCA, est le CIC (Comité intersectoriel de coordination) composé des six représentants des différents ministères siégeant au HCA. Les deux comités forment le CPOS (Conseil plénier d’orientation et de suivi), instance délibérante du Haut commissariat à l’amazighité. Aussitôt entrés en fonction, les membres du HCA entreprennent leur première action. Ils organisent à l’université de Ben Aknoun (Alger), le premier stage officiel de perfectionnement en faveur des enseignants venus des différentes régions du pays. Ce seront ceux-là qui prendront en charge l’enseignement de la langue amazighe dans l’école algérienne dès la rentrée scolaire de septembre 1995. Ce stage rassemblera, dans leur écrasante majorité, des enseignants justifiant de plusieurs années d’expérience en matière pédagogique ainsi que des enseignants maîtrisant la langue amazighe et ayant exercé durant longtemps dans le mouvement associatif.

A la fin du stage, ils seront affectés au niveau de seize wilayas où ils exerceront en qualité d’enseignants de tamazight. Ces wilayas sont : Tizi Ouzou, Bouira, Béjaïa, Boumerdès, Alger, Oran, El Bayadh, Sétif, Batna, Khenchla, Oum El Bouaghi, Biskra, Tamanrasset, Ghardaïa, Tipaza et Bordj Bou Arréridj. Ainsi donc, l’enseignement de cette langue démarre avec un volume horaire d’une à deux heures par semaine pour chaque classe. Un fonds documentaire constitué de plusieurs textes adaptés et de leçons relatives à la structure de la langue sera mis à la disposition des enseignants. Petit à petit, les problèmes et entraves seront rencontrés par les enseignants sur le terrain pédagogique. Considérée dans les textes comme une matière à part entière, tamazight tardera à trouver sa place dans les bulletins scolaires avec une note comptabilisée et un coefficient. Des manuels seront édités par la suite dans les trois graphies, tifinagh, arabe et latine et dans toutes les variantes régionales.

Or, aucune recherche ni étude n’ont été faites en dehors de la graphie latine dans laquelle les enseignants ont été formés et toujours travaillé. Dans les discours distillés lors de la dernière présidentielle certains candidats n’ont pas trouvé mieux pour retarder la standardisation de cette langue que d’évoquer la question de la graphie. C’est dire que tamazight doit encore attendre une volonté politique sincère à même de la promouvoir.


source ; El Watan 

 

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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 23:20

Que sont-ils devenus huit ans après ? Que proposent les archs face à l’amnésie - et l’impunité - qui risque de rayer des mémoires les jeunes assassinés en 2001 lors des émeutes en Kabylie ? Retour sur les vestiges des enfants terribles du Printemps noir.

 

 

Ils sont nés, il y a huit ans, dans le feu des événements du printemps noir. Ils ont porté l’espoir, mais aussi la douleur de toute une région martyrisée, avant d’être voués aux gémonies, oubliés ou phagocytés par le pouvoir, raillés ou piétinés par les partis politiques. Enrayés de la scène médiatique et politique, ils continuent pourtant d’exister chez les exclus, les blessés et les sinistrés. Dans les rues de Tizi Ouzou, il n’est pas rare qu’une âme en peine demande un renseignement : « Où se trouvent les archs ? » L’APC et la wilaya, c’est pour les pistonnés, les hommes et les femmes bien mis, pouvant enjamber la barrière de sécurité. Les archs, c’est pour les sans-grade, les laissés- pour-compte.

 


 

A ce jour, aucun gendarme n’a été jugé, mis à part Mestari (l’auteur des premiers coups de feu, libre après deux ans de prison, ndlr). Pourtant, 126 personnes ont été assassinées pendant ces journées noires. "Les dossiers ont été transférés en 2005 devant les juridictions civiles, des parties civiles ont été auditionnées, mais tout a été bloqué », dénonce Abrika, qui ajoute : « Tant qu’il n’y a pas jugement des gendarmes et que la lumière n’est pas faite, on est condamné à vivre des situations similaires ou plus graves ». Le pouvoir a renié ses engagements, mais les archs ne s’avouent pas vaincus et ne tournent pas le dos à leur combat. « Ce n’est pas fini. On n’a pas atteint nos objectifs. La commission de wilaya ne s’est pas réunie depuis 6 mois alors qu’il y a encore de nombreux dossiers de victimes, de blessés et de sinistrés en suspens », dit Abrika. « Tant que l’impunité règne dans notre pays, on est moralement interpellés », ajoute-t-il, en se désignant comme l’ex-porte-parole de la délégation du mouvement citoyen des archs. La qualité de « délégué » n’est plus en vigueur, puisqu’elle était soumise à un « mandat direct de la population ». Les animateurs des archs,sont liés par le protocole d’accord signé le 15 janvier 2005 avec l’ex-chef de gouvernement et actuel Premier ministre. Ce dernier n’a pas rappelé les archs depuis son retour au gouvernement en juin dernier. « Le régime s’est renforcé, tandis que les forces d’opposition ont été affaiblies, conclut Abrika. La société civile ne reprendra ses forces que si la classe politique reconnaît ses erreurs et ses échecs avant de formuler une alternative viable ».

 

Source :El Watan

C’est au siège des archs qu’une table ronde est prévue demain avec la participation de Mohand Issad, juriste ayant présidé la commission d’enquête sur les événements de Kabylie. Huit ans plus tard, il y a urgence de réitérer les conclusions du rapport d’enquête, devant une amnésie naissante. Les archs ont assisté en spectateurs impuissants aux dérives de la campagne électorale, qualifiée de « vaste manipulation ». Bouteflika déclarait il y a vingt jours à Tizi Ouzou ne pas savoir ce qui s’est passé lors des événements de 2001, alors qu’il affirmait le 12 mars 2002, rappelle Bélaïd Abrika, que 24 gendarmes étaient aux arrêts en attente d’être jugés devant des juridictions civiles. On s’y rend pour dénoncer les mauvais traitements subis dans les administrations publiques, soumettre ses dossiers oubliés, sa détresse niée par les pouvoirs publics. « Les archs ? Allez-y plus haut, c’est près du secteur militaire », répond-on aux anonymes, pressant le pas, pourchassés par la bureaucratie et le mépris. Il est possible de se rendre à pied au siège des archs, car la voiture est indésirable. « Circulez ! Interdiction de stationner », lance un militaire à partir de sa guérite. L’on est devant la permanence des archs, mais elle est coincée entre le secteur militaire et un commissariat de police. Une attribution de local qui ressemble à un coup fourré. Les archs sont abrités, mais aussi mis sous haute surveillance. A l’intérieur de la permanence, l’on voit des affiches contre l’élection présidentielle du 9 avril, exigeant la levée de l’impunité. Des affiches que l’on a rarement vues pendant la campagne électorale. L’appel au boycott lancé par les archs est resté confidentiel, de même que l’« action de défiance » programmée pour le jour de la visite du candidat Bouteflika à Tizi Ouzou a fait long feu. « Nous sommes affaiblis, c’est clair, comme toutes les organisations politiques et de la société civile », reconnaît Bélaïd Abrika, qui rentre de l’université, où il donne des cours d’économie. Patriarche à 40 ans, le port haut et la barbe sans changement depuis 2001, Abrika met la main aux préparatifs de la journée du samedi 18 avril, commémorant le 8e anniversaire du printemps noir.
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