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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 07:36

L’enseignement de la langue amazighe a été officiellement lancé dans notre pays en 1995. A cette époque, l’ouverture des classes pilotes relatives à cet enseignement s’est faite, conjointement avec le MEN (ministère de l’Education nationale) et le HCA (Haut commissariat à l’amazighité) au niveau de 16 wilayas.

 

Cette institution, la première dans l’histoire de l’Afrique du Nord, a été créée par décret présidentiel le 25 mai 1995. C’est suite à l’action du boycott scolaire initié par le MCB (Mouvement culturel berbère) durant l’année scolaire 94/95, que des négociations ont eu lieu entre des représentants de la présidence de la République et ceux des différents mouvements culturels. Le MCB, le MCA (Mouvement culturel amazigh des Aurès), le Mouvement M’zab, le Mouvement touareg avaient répondu favorablement à l’appel des plus hautes autorités du pays en vue de mettre fin à huit mois de boycott de l’école en Kabylie dans l’objectif d’intégrer la langue amazighe dans les systèmes d’enseignement et de la communication ainsi que dans l’environnement. Rappelons qu’à l’époque, plusieurs tentatives de briser l’action du boycott ont été menées aussi bien par les autorités et les notabilités de la région que par certaines associations. Mais c’était compter sans la mobilisation de la population de la région et son adhésion massive aux mots d’ordre du MCB.

Le HCA naît en 1995

Le fruit des négociations présidence-mouvements berbères, qui ont duré plus d’un mois, a été la signature entre les deux parties des accords historiques du 22 avril 1995. Ces derniers portaient sur l’introduction de tamazight « dans les systèmes éducatifs, les moyens de communication et dans l’environnement ». Pour le volet pédagogique, les accords prévoyaient des séances de rattrapage pour les « enfants du boycott » qui avaient, malheureusement, perdu presque une année de scolarité. Un troisième volet, ayant trait aux sanctions qui avaient frappé certains enseignants prévoyait de les lever. A la fin de l’année 1995, tout est pratiquement rentré dans l’ordre, et la majeure partie des établissements scolaires, notamment en Kabylie, avaient repris l’ambiance des classes en dépit de la persistance de certaines tendances du MCB à vouloir poursuivre la contestation. Une autre revendication, inhérente cette fois-ci à la constitutionnalisation de tamazight se voit greffer à celle de son institutionnalisation…

Le chef de l’Etat de l’époque, Liamine Zeroual, qui a signé le décret portant création du HCA, installa la composante de cette institution le 7 juin 1995 au siège de la présidence de la République à laquelle elle a été rattachée. Dès leur installation, les membres mandatés par les différents mouvements, élisent parmi eux Mohand Ouidir Aït Amrane comme président de l’institution. Celui-ci étant l’un des vétérans parmi les militants de la cause amazighe dont les balbutiements, après ceux de 1926 au sein de l’ENA (Etoile nord-africaine), se sont fait sentir durant les années 1940, avec le groupe du lycée de Ben Aknoun.

Réhabiliter Tamazight

Au sein du CPSC (Comité pédagogique scientifique et culturel) présidé par Mohamed Salah Nedjaï, docteur d’Etat de l’université de Batna, figurent des écrivains, des linguistes, des enseignants universitaires. Ses missions sont d’arrêter et de mettre à exécution les actions de réhabilitation de l’amazighité dans tous les domaines de la vie publique. La deuxième structure formant le HCA, est le CIC (Comité intersectoriel de coordination) composé des six représentants des différents ministères siégeant au HCA. Les deux comités forment le CPOS (Conseil plénier d’orientation et de suivi), instance délibérante du Haut commissariat à l’amazighité. Aussitôt entrés en fonction, les membres du HCA entreprennent leur première action. Ils organisent à l’université de Ben Aknoun (Alger), le premier stage officiel de perfectionnement en faveur des enseignants venus des différentes régions du pays. Ce seront ceux-là qui prendront en charge l’enseignement de la langue amazighe dans l’école algérienne dès la rentrée scolaire de septembre 1995. Ce stage rassemblera, dans leur écrasante majorité, des enseignants justifiant de plusieurs années d’expérience en matière pédagogique ainsi que des enseignants maîtrisant la langue amazighe et ayant exercé durant longtemps dans le mouvement associatif.

A la fin du stage, ils seront affectés au niveau de seize wilayas où ils exerceront en qualité d’enseignants de tamazight. Ces wilayas sont : Tizi Ouzou, Bouira, Béjaïa, Boumerdès, Alger, Oran, El Bayadh, Sétif, Batna, Khenchla, Oum El Bouaghi, Biskra, Tamanrasset, Ghardaïa, Tipaza et Bordj Bou Arréridj. Ainsi donc, l’enseignement de cette langue démarre avec un volume horaire d’une à deux heures par semaine pour chaque classe. Un fonds documentaire constitué de plusieurs textes adaptés et de leçons relatives à la structure de la langue sera mis à la disposition des enseignants. Petit à petit, les problèmes et entraves seront rencontrés par les enseignants sur le terrain pédagogique. Considérée dans les textes comme une matière à part entière, tamazight tardera à trouver sa place dans les bulletins scolaires avec une note comptabilisée et un coefficient. Des manuels seront édités par la suite dans les trois graphies, tifinagh, arabe et latine et dans toutes les variantes régionales.

Or, aucune recherche ni étude n’ont été faites en dehors de la graphie latine dans laquelle les enseignants ont été formés et toujours travaillé. Dans les discours distillés lors de la dernière présidentielle certains candidats n’ont pas trouvé mieux pour retarder la standardisation de cette langue que d’évoquer la question de la graphie. C’est dire que tamazight doit encore attendre une volonté politique sincère à même de la promouvoir.


source ; El Watan 

 

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